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Reebok Classic, une histoire de sneakers

Reebok Club C

Comme la plupart des fabricants de sneakers historiques, Reebok puise son savoir-faire dans l’expérience qu’elle a développée aux contacts des athlètes. Connue dans la rue autant que sur les terrains de sport, la marque britannique est une référence pour les sportifs, à qui elle propose des équipements toujours plus performants, et des amateurs de mode streetwear pour lesquels elle adapte ses produits. En s’appuyant sur sa capacité à innover sur le plan technique et à assurer la pérennité de ses best-sellers, à commencer par la Club C et la Classic Leather, l’équipementier passé sous le flambeau d’adidas en 2005 parvient ainsi à jouer sur les deux tableaux.

S’il n’est plus nécessaire de rappeler la place prépondérante qu’occupe Reebok dans l’univers des sneakers, il reste intéressant de revenir sur son histoire, notamment pour comprendre comment ces modèles conçus pour le sport sont devenus des icônes de la mode. De la création de l’entreprise à l’émergence de la gamme Reebok Classic, Chausport vous invite à vivre ou revivre cette histoire. Vous êtes prêt ? Suivez le guide !

Le culte de la performance au service de la mode

A l’instar de Nike, adidas ou encore PUMA, Reebok jouit d’un passif dans le monde du sport qui lui confère sa légitimité à la fois sur et en dehors des terrains.

Quand Reebok a-t-elle été créée ? Et d’où vient son nom ?

Si elle ne s’appelait pas encore Reebok à sa création, c’est bien en 1895 à Bolton, dans le nord de l’Angleterre, que la marque également connue sous son acronyme « rbk » a vu le jour. Joseph William Foster, son fondateur qui lui donna le nom J. W. Foster & Sons, fut l’un des tous premiers à se lancer dans la fabrication de chaussures d’athlétisme à pointes en Grande-Bretagne. Alors fabriquées à la main, ces « spiked running shoes » permettront à l’artisan de se faire rapidement un nom dans le milieu et surtout de faire fructifier son affaire jusqu’à la consécration en 1924. En équipant de nombreux athlètes lors des Jeux Olympiques de Paris cette année-là, J. W. Foster & Sons acquerra effectivement une dimension internationale.

A partir de 1930, ses fils puis ses petits-fils lui succéderont à la tête de la société dont le nom prit dès lors tout son sens. Mais en 1958, ces derniers marqueront une rupture avec l’héritage familial en créant leur propre marque : Mercury Sports Footwear. A la différence de leur grand-père, Jeff et Joe Foster ne perceront pas avec des chaussures de course mais de cyclisme ; jusqu’à ce qu’ils se rendent compte que « Mercury » était déjà déposée. La petite histoire raconte que c’est en cherchant un nouveau nom dans un dictionnaire qu’ils tombèrent sur « rhebok », un terme utilisé dans la langue afrikaans pour désigner une espèce d’antilope.

L’adoption de cette nouvelle appellation s’accompagnera d’un retour aux sources symbolisé par la fabrication de chaussures de course aussi performantes qu’accessibles financièrement. Forte d’un réseau de distribution en pleine expansion, Reebok imposera sa patte dans l’athlétisme. En atteste le succès en 1969 de la World 10, très prisée des coureurs, et de la victoire de Ron Hill au marathon de Boston en 1970.

Reebok World 10 original ad

Comment Reebok est-elle devenue un équipementier international ?

Malgré des débuts prometteurs, Reebok devait encore franchir un palier pour pouvoir rivaliser avec ses principaux concurrents. Heureusement pour elle, Joe Foster fera la rencontre de Paul Fireman au cours d’un congrès de la National Sporting Good Association en 1978. Après discussion avec le dirigeant de la firme anglaise, Fireman obtiendra les droits de distribution exclusifs des produits Reebok aux Etats-Unis, au Canada et au Mexique. En bon businessman qui se respecte, celui-ci ne se contentera pas de les commercialiser outre-Atlantique, il les adaptera aux spécificités du marché américain.

Avec un chiffre d’affaires estimé à 1,5 milliard de dollars en 1981, l’entreprise familiale devenue internationale sera en passe de réussir son pari. Mais c’était sans compter sur la concurrence accrue imposée par Nike qui révolutionnera le monde des baskets quelques années seulement après sa création. En introduisant pour la toute première fois la technologie Air-Sole dans une chaussure de course en 1978, Nike va en effet distancer ses poursuivants.

1982, l’année du fitness et de la Reebok Freestyle

Plutôt que de chercher à rivaliser avec la firme de l’Oregon, Paul Fireman va décider d’investir un autre créneau : l’aérobic. Pratiquée par un public essentiellement féminin, la discipline connaîtra son essor dans les années 1980 en parallèle de la série Jane Fonda’s Workout, un ensemble de 23 vidéos d’exercices qui rencontrera un succès mondial. En 1982, à l’heure où le culte du corps était une préoccupation de plus en plus importante et le fitness une discipline en plein essor, Fireman fera appel au designer Angel Martinez pour dessiner une paire de baskets exclusivement féminine : la Reebok Freestyle.

Avec sa tige conçue dans un cuir très souple initialement prévu pour la fabrication de gants – Reebok se serait aperçu de son erreur d’approvisionnement en délocalisant son site de production des Philippines vers la Chine et le Vietnam – la Freestyle représentera la moitié des ventes de Reebok seulement deux ans après son lancement.

La Reebok Freestyle, ici dans sa version haute
La Reebok Freestyle, ici dans sa version haute

Naissance de la Reebok Classic Leather et rachat de la firme

Reebok va ensuite franchir les grandes étapes de son développement à un rythme fou. Elle inaugurera tout d’abord l’Ex-O-Fit en 1983 – la version masculine de la Freestyle dotée d’une seule bande de Velcro – ainsi que la Reebok Classic Leather, une basket de course unisexe à nouveau en cuir souple, une matière qu’aucun fabricant n’avait jusqu’ici osé utiliser dans une basket de running. Dotée de la technologie Bi-Density Shock Protection System, celle-ci conférera aux coureurs une excellente stabilité et une aération maximale. Pour autant, c'est dans la rue qu'elle s'émancipera vraiment. Portée par sa version blanche, qui reste à ce jour la plus emblématique de la gamme, la Classic Leather se démarquera des autres sneakers du genre grâce notamment à sa finition en cuir de grande qualité.

Puis Paul Fireman rachètera la firme en 1984, la même année que la sortie de la Workout Lo et Mid, modèle arborant une forme en « H » imaginée par Edward Lussier qui fut très apprécié pour sa polyvalence.

La Reebok Revenge Plus OG, réédition du modèle original de 1985
La Reebok Revenge Plus OG, réédition du modèle original de 1985

Officiellement américaine, Reebok fera son entrée en 1985 au New York Exchange sous l’acronyme « rbk ». En parallèle de son introduction en bourse, la marque partira à la conquête du tennis avec la Newport Classic, popularisée par Boris Becker et John Mc Enroe, et la Revenge Plus, plus connue aujourd’hui sous son appellation Reebok Club C.

Quand la Reebok Pump défiait la Nike Air Max

Mieux armée pour rivaliser avec Nike, la société désormais présidée par Paul Fireman sortira la Reebok Pump en 1989 afin de contrer « la révolution de l’air » amorcée en 1987 avec la Air Max. En plus d’intégrer un coussin d’air dans sa semelle comme la chaussure de Tinker Hatfield (voir l’histoire de la Nike Air Max), la Pump permettait de gonfler et dégonfler ce dernier en fonction du degré d’amorti souhaité. Une fonctionnalité supplémentaire non négligeable qui ne suffit toutefois pas à faire la différence. Il faudra attendre la promotion assurée par le tennisman Michael Chang et surtout le basketteur Dominique Wilkins pour que les ventes de la basket conçue par Paul Litchfield décollent.

Publicité pour la Reebok Pump

Une nouvelle ère dédiée à l’innovation technologique s’ouvrira alors pour Reebok. Elle sera marquée par le déploiement de systèmes d’amorti plus efficaces dans les déclinaisons qui suivront de sa célèbre Pump, à l’image de l’Energy Return System (ERS). Il s’agit d’un assemblage de cylindres en plastique Hydrel placés en série horizontale que l’on retrouvera entre autres dans la Twilight Zone et dans l’Omni Zone. En 1991, l’équipementier officialisera le système Hexalite, une structure en nid d’abeilles renforcée par un film d’uréthane 4 fois plus résistante que l’EVA et capable d’absorber 23 fois plus d’énergie.

A l’aube des années 2000, Reebok peinera à maintenir cette capacité d’innovation qui constituait sa principale force. La situation évoluera en 2005 suite à son rachat par adidas. En 2009, elle lancera le modèle Easytone, une nouvelle fois à destination des femmes. Avec sa semelle à air circulant sur des coussinets inspirés des ballons d’équilibre, la Reebok Easytone était censée raffermir les jambes et les fesses. La gamme Toning, composée de chaussures plus techniques, lui succédera l’année suivante. Manifestement préoccupée par le travail du bas du corps, la filiale de la marque aux 3 bandes poursuivra dans cette voie avec la ZigTech en 2011, la RealFlex en 2012 et plus récemment les ReeZig et ReeFlex, destinés aux adeptes du CrossFit.

Conçues pour la pratique, adaptées pour la rue

Dès leur commercialisation (ou presque), certaines baskets de Reebok se sont imposées d’elles-mêmes dans la rue, en particulier auprès de personnages à l’aura illicite. C’est le cas par exemple de Rich Porter. Si on en croit les propos relatés dans l’autobiographie d’Azie Faison (« Game Over : The rise and transformation of a Harlem Hustler »), Porter appréciait beaucoup les Reebok Classic. Cette affection pour les sneakers, blanches de préférence, était aussi partagée par John Gotti, gangster américain d’origine italienne qui se fit arrêter en 1992 avec une paire de Reebok Newport Classic en 1992.

Mais la véritable transition des terrains à la rue s’effectuera sans surprise grâce à l’influence de la musique sur les codes vestimentaires de l’époque. Alors que celle-ci fut surtout opérée dans les grandes villes de la côte Est des Etats-Unis, en particulier pour Nike et adidas, celle de Reebok débutera à la Nouvelle-Orléans où le rappeur Soulja Slim fera quelques clins d’œil aux baskets de la marque dans plusieurs de ses titres. Tombé amoureux des Workout Mid à semelle bleue, il ira jusqu’à les surnommer « Souljas », en référence à son prénom, et à leur dédier l’un de ses morceaux : « Souljas on my feet » en 2002. Il sera imité quelques temps après par Lil Wayne et les autres membres du groupe Hot Boys dont on ne compte plus les nombreuses références aux chaussures Reeebok dans leurs textes.

En Grande-Bretagne, berceau de l’équipementier, cette transition sera assurée par celle du style hardcore/jungle vers la house et la soul. De ce changement naîtra le « UK garage », qui puise ses inspirations du garage house américain, et dont les adeptes abandonneront progressivement les jeans slims et chemises imprimées pour des vêtements plus sportswear portés avec des baskets.

Le rappeur Kendrick Lamar
Le rappeur Kendrick Lamar

Pour promouvoir comme il se doit ses sneakers, Reebok a adopté une stratégie similaire à celle de sa maison-mère adidas : recourir à l’image d’artistes plutôt que des athlètes, en tout cas pour ses produits orientés lifestyle. Parmi ceux-ci, on retrouve le rappeur Kendrick Lamar, déjà auteur de plusieurs collaborations très réussies sur la Classic Leather et la Club C, et la mannequin américaine Gigi Hadid.

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